Des ateliers d'écriture sur différents thèmes

Chaque mardi un petit groupe de personnes se retrouve pour imaginer, écrire, lire et… rire. Sans se connaître, ils sont touchés, émus, amusés par ce que les autres écrivent et poussés dans leurs retranchements par les propositions d'écriture diverses et variées.

 




Ci-dessous quelques écrits lors des ateliers.

Atelier de Noël : 

Nous avons écrit chacun, chacune un mot  nous évoquant Noël, sur un petit papier, remis à Laurence.
Ces mots, qui ne seront pas forcément tous utilisés, seront cités par Laurence au fur et à mesure d'un texte que nous allons développer chacun, chacune.
Le texte commence donc librement pour tout un chacun ayant pour thème Noël ...
Les mots récoltés par Laurence seront écrits en italiques;  L'aventure peut commencer !
 
Le sapin avait été acheté sur le quai de Saône; la neige tombait et cela apportait déjà la touche de Noël; le jour descendait et les guirlandes des rues s'allumèrent; le solstice d'hiver approchait et la nuit arriva tellement tôt !
La cathédrale St.jean au loin s'illumina dominée par la colline de Fourvière; la Vierge dorée, tout en haut de la basilique, semblait toute en joie, éclairée par un rayon laser venant de quelque part ...
Cela me rappela la fête du 8 décembre, lorsque les petites bougies, appelées à Lyon lumignons, sont posées sur les fenêtres de la ville; ce jour-là, c'est comme un recueillement de poser chaque petit pot de verre, bien à sa place, dans la nuit tombée.
Le 8 décembre a subi bien des changements depuis quelques années et est devenu " la fête des lumières "; éblouissante certes, mais il n'y a plus la chaleur humaine d'avant ...
Les plus beaux 8 décembre étaient les 8 décembre tout blanc, lorsque la neige tombait, les flocons tout éclairés par les petites bougies innocentes ...
 
Lettre au Père Noël : 3 mn ! sablier sur la table !
 
                                Cher Père Noël,
 
- Surtout, cher Père Noël, ne m'apporte pas de mari; j'en ai déjà un, même s'il est au bout du rouleau.
- Ni des chaussures de princesse, car mes pieds sont trop longs et trop larges, mais surtout, je ne veux pas de prince charmant.
Ce qui me ferait plaisir : Un oiseau en cage, pour lui offrir la liberté ...
 
En fin d'atelier : Création d'un poème.
Consigne : Chacun, chacune devra commencer son poème  par :
 " Nuit où meurent l'azur, les bruits et les contours, ....
 
Nuit où meurent l'azur,
les bruits et les contours,
d'un voile bleu-nuit nous caresse.
 
La douceur de la lune
dans l'obscurité qui s'éveille
et toi dans mon sommeil ...
          Mon ange ...
 


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À la nuit

Nuit où meurent l'azur, les bruits et les contours,
Ta lune se mire dans l'océan noir
Tes étoiles se révèlent sur ciel noir
Ta voie se dévoile lactée sur fond noir
Tu nous enveloppes de bleu nuit noire


Chère ombre,
où es-tu passée ? Depuis que tu as disparu j'ai perdu mes repères, en tout cas, je suis déboussolée,
tu me manques cruellement ; que tu naisses de la lumière du soleil ou de la lumière artificielle, je ne me
rendais pas compte à quel point tu me complétais, tu m'orientais. Et s'il n'y avait que ça !...
Mais depuis que tu n'es plus là, ma part d'ombre, mon côté obscur est réduit à néant. C'est
terrifiant ! Je ne suis plus que claire, nette et précise, sans nuance, sous des projecteurs permanents, sans
répit. Comment te retrouver ? C'est mon équilibre qui est en danger ! Je ne vois plus qu'une solution ; me
fondre dans la nuit noire, profonde, descendre jusqu'aux tréfonds les plus sombres de mon âme.
Peut-être qu'enfin tu accepteras de retrouver cette place qui est la tienne, cette part de moi-même
qui me fait entière, complète.
J'espère t'avoir convaincu et te retrouver au sortir de cette longue nuit, de cette si longue absence.


Atelier de Noël
Un froid glacial comme jamais ; la neige était tombée et commençait à geler sur le sol.Cependant tu devais sortir pour aller à la messe de minuit. En route tu rencontres Joël qui t’explique que le froid est dû au solstice d’hiver.

Ton but était de ne pas manquer la messe de minuit dans la cathédrale.

Une fois arrivée tu fus remplie d’une joie intense due à toutes ces lumières, ces bougies, ces chants.

Un certain recueillement émanait de l’assemblée jusqu’à atteindre les tripes ; une vrai ambiance de Noël comme tu n’en avais pas
vécu depuis longtemps.

Après, il fallut quand même sortir et retrouver le froid, la nuit ; mais le ciel étoilé prolongeait cet état de béatitude.

Quel changement !

Après ce que tu venais de vivre !

C’était comme si le froid s’était changé en chaleur ; autour de toi tout était blanc,empreint de pureté, tu venais de vivre un moment unique capable d’effacer de ta mémoire tous les Noëls que tu avais vécus.


Cher père Noël,
je dirais en restant soft, que tu es un enfoiré, si je ne m'abuse. Pourquoi la voisine d'à côté a
toujours tout ce qu'elle demande sur sa liste, et moi, tintin ? Ça tombe toujours à côté, on dirait que tu le
fais exprès. Alors, cette année, je te demande rien, surtout rien. Ça suffit les conneries.


La période de Noël ? Un calvaire. En plus, y a d'la neige cette année ; on est coincés, nom de
nom, il va falloir se coltiner tout ce monde ! Heureusement que le solstice a pointé son nez, enfin les jours
rallongent, on sort de cette période obscure où dans la forêt les silhouettes des arbres se découpent telles
des cathédrales. Non, c'est vraiment pas la joie, mais on en voit quand même le bout. Et puis, s'il faut
encore s'éclairer à la bougie à cause des pannes de courant ; même pas lire au lit le soir avant de
s'endormir. Tu parles d'un recueillement, plutôt une pétaudière, tous ces gens obligés de se supporter toute
la nuit, ou plus si on est bloqués ! Je me demande qu'est-ce qui pourrait provoquer un changement dans
tout ça, c'est tellement lourd les traditions. Et puis il va peut-être falloir se chauffer à la chaleur humaine,
si tant est qu'il y en ait, avec ces coupures d'électricité à cause de tout ce blanc qui tombe du ciel sans
discontinuer...

Haïkus d’automne

L’écureuil affolé
court sous les noyers
il ramasse glands marrons et noix
l’hiver sera froid


Souffle chaud du vent
Tombent une à une les feuilles roussies
Octobre craque sous mes pas

Sentiers tapissés
de feuilles mortes jaunies
Il pleut des châtaignes

Un poème

La Matheysine

Le jour baisse
L’or et le cuivre chapeautent la forêt
Les vignes bien rangées se teintent de mordoré
Tandis que moissons et labours finis
La mosaïque des champs et prairies
se couvre de vert et de terre
Couleurs à l’infini
Jaune, rouge, orange, verts, brun
et bleu du ciel
Pour quelques jours seulement.
Mon être averti de ce chronomètre
Ne rate pas l’œuvre éphémère
de l’automne ;
Et j’aiguise mon regarder
et j’engrange pour mémoire
ces images passagères de la nature.


Recette de cuisine

 

 

 

 

                                                          Il fait froid dehors.

 

 

 
   

Au bout d'un serpentin, il pleut du lait. On brise le chocolat dans une casserole.

 

Aristophane se lécherait les babines de ce chocolat au lait sans colophane.

 

                                                                                                                                              

 
   

 

 

 


La consigne était d'écrire une lettre à quelqu'un de son choix en utilisant quelques mots donnés :

 

 

1 /                    Cher Georges Clooney


Voilà. Je vous admire depuis longtemps, vous êtes l’homme que je souhaiterais rencontrer.
Pour cela, je vous donne rendez-vous sur l’avenue des baisers, où vous pourriez me faire goûter un café dont vous semblez être si friand. Vous me reconnaîtrez facilement : je porterai une tenue de gitane. J’espère que nous vivrons un pur moment de fête. Vos multiples apparitions sur les écrans ou dans les journaux m’ont fait penser que la porte était ouverte, et je m’y glisse bien volontiers.
Pourrions nous retrouver au café à l’enseigne « au pays des géants » sur la place qui porte le même nom ? Nous bavarderons, loin des fous et des loups, face à face, et je me réjouis de vous voir enfin en chair et en os. J’apporterai mon grand parapluie pour nous abriter des paparazzi, et s’il pleut, nous ne resterons pas prisonniers des gouttes d’eau.
Espérant vivement que vous prendrez le temps d’une dégustation avec une inconnue, je reste dans l’attente impatiente de votre réponse.

2/                            Cher Auguste

Il y a longtemps que j’ai envie de prendre de tes nouvelles. T’étant retiré du monde, dans un lieu dit : »l’avenue des baisers » sans tel ni internet, il n’y a qu’une lettre pour te joindre. Je suppose que ta vie n’est pas toujours un pur moment de fête ; la solitude...

Pourtant je te l’avais dit 100 fois que ma porte était  ouverte pour toi ; que tu pouvais venir chez moi quand tu voulais.

Non, tu as préféré rester dans le pays des Géants. Ne trouves-tu pas cela un peu prétentieux maintenant, avec le recul ?

Bon ! Je te l’accorde, toi comme moi ne sommes ni très éloignés des fous ni des loups ; pauvres êtres dans l’univers, souvent prisonniers de simples gouttes d’eau ou des caprices du temps.
Que deviens-tu en un mot ?
Peux-tu prendre le temps de me l’écrire ?

 

 

3/                          À toi le chien,

    Toi qui n'aboies que quand tu as peur ou que tu es en colère, je voudrais te suggérer de te rendre dans l'avenue des Baisers qui pourrait t'apaiser, te rendre plus serein. Tu y vivrais de purs moments de fête qui t'éloigneraient de ces émotions encombrantes. Puisque la porte était ouverte, je me suis permis de la franchir et me suis retrouvée, telle Alice, au pays des géants où tout était doux loin des fous et des loups. Viens me rejoindre dans cet univers pour ne pas rester prisonnier de ces gouttes d'eau de pensées négatives que sont la peur et la colère ; rejoins cet océan de douceur et de sérénité qui n'attend que tes jappements de satisfaction.

 


Consigne : Chaque participant a offert des mots-cadeaux à chaque autre participant à l'atelier. Avec les mots-cadeaux reçus, il fallait écrire un texte.

 1/   Avec délicatesse, le chant de l'oiseau effleurait ses oreilles. Cela provoqua en lui une onde, comme l'envolée lyrique d'une poésie. Seul le reflet de la lune éclairait le manège enchanté que la vie était pour lui à ce moment-là.

 

2/ Beauté de l’âme rencontra un jour non sans ravissement Assiduité. Mais celle-ci se trouvait prisonnière à l’intérieur d’une nasse. Beauté de l’âme lui demanda alors si la vie lui convenait comme cela. Avec un pâle sourire la réponse fut Non ! D’abord parce que c’était trop étroit et qu’elle avait besoin de mousse pour poser sa tête. La première lui demanda si de la délivrer lui conviendrait. Avec enthousiasme la réponse fut Oui !


Un acrostiche

 

 

P rimevères tapissant la prairie

 

R enouveau tant attendu

 

I nouïe l’explosion des bourgeons

 

N ature comme je t’admire

 

T oujours à l’heure

 

E nivrant nos sens

 

M alicieuse et maternante

 

P orteuse d’espoirs insensés

 

S ource de plaisirs et d’avidité

 


Un poème sur le thème du pêcheur

 

 

 Lever de bon matin

 

Boire un café fumant

 

Tandis que les brumes

 

A peine se dissipent

 

Sur l’étang.

 

Mettre le nez dehors

 

Respirer l’air humide

 

Et ne penser à rien.

 

Puis, méditer devant le fil qui bouge

 

Imperceptiblement.

 

Et puis, le soir venu,

 

Quand la pêche aura été bonne,

 

Déguster le poisson grillé au feu de bois

 

Sur des braises incandescentes.

 

Lumière du soleil couchant

 

Des crapauds entonnent leur chant

 

Grâce soit rendue à ce bonheur d’un jour.

 


 

 Haïkus à compléter

 

Il pleut sur la laitue

Qui bave comme l’escargot

Sur ma joue, de l’eau

 

C’est le nouvel été

Je fête son arrivée

 L’air sent l’orchidée

 

 


Haïkus du Printemps

 

Sacrée lune rousse

 Tu brûles tout sur tes pas

 Pitié pour les fruits

 

 

Le vent a séché

 Tulipes et jonquilles

Oh ! printemps cruel

 

 

Printemps me fatigue

 Sève et arbres mêlés

 Va ainsi le temps

 

 

 Triste et monotone

 Me rend trop nostalgique

 Le chant du bouvreuil

 

 

 Leur tête est courbée

 Le vent les a assommées

 Adieu jonquilles…

 


Poèmes sur les fontaines

 

Celle de l’épicéa

 

Le grand épicéa qui voisine avec moi

 

Sert de refuge aux oiseaux

 

Tandis que chante et s’écoule mon eau !

 

 

 

Il ouvre si grand ses bras

 

Qu’il en vient à me montrer du doigt

 

Signalant à la gente ailée

 

Un havre de paix pour se désaltérer

 

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Une autre fontaine

 

Belle intrigante

 

Tu vois passer des masques

 

Tu demeures innocente 

 

Devant ta vasque

 

Le passant a soif et s’arrête

 

Tombent les masques

 

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Une autre encore

 

Tout comme une théière

 

Elle agit sans façon

 

Et puis elle se libère


L'image dans le gâteau

 

 

Dans un biscuit j'ai trouvé l'odeur du lait et du caramel et puis aussi des images :

 

celle du carrelage d'une cuisine au matin avec sa cuisinière à charbon, celle des mésanges sur la fenêtre et l'hiver qui colle son nez à la fenêtre mais qu'on ne laisse pas entrer.

 

 

J'ai 6 ans et je goûte un gâteau apporté par une grand-mère venue de loin,

là-bas… de la campagne où je ne vis pas mais dont je rêve.

 

 

La mamie de là-bas a apporté des trucs de chez elle, elle me regarde manger, elle est là avec son odeur de gros habits et un regard puissant venu de la nuit campagnarde, d'un village appelé Juvaincourt ou Panchot-les-mines, selon qu'il s'agisse de la mamie des Vosges qu'on appelle Maminette, ou de celle de l'Aveyron qu'on appelle Mamelie.